À Pouancé, de Bernard, 88 ans, à Kevin, 29 ans, la famille Malois a fait d’une Renault 4CV le point de départ d’une vie entière au losange. Derrière ce garage rempli de voitures Renault se cache une histoire bien plus vaste qu’une simple collection.
La vie entière de Bernard Malois tient dans une même silhouette arrondie. Sur les photos de famille, on distingue toujours cette petite berline aux ailes rebondies. C’est la Renault 4CV qui l’a accompagné à chaque étape. Un titre de portrait résumait même son histoire par "Baptisé et marié dans une Renault 4CV…". Pour ce passionné de 88 ans, installé à Pouancé, commune déléguée d’Ombrée d’Anjou, ce modèle n’est pas qu’une voiture de collection. C’est le début d’une longue fidélité au losange selon Ouest-France.
Commencée il y a soixante ans, la collection de Bernard Malois rassemble aujourd’hui une quinzaine de véhicules, tous badgés Renault. À ses côtés, la génération intermédiaire et son petit-fils Kevin, 29 ans, prolongent l’aventure autour de la même marque. La collection reste 100 % losange, sans dévier vers d’autres constructeurs. De 29 à 88 ans, trois générations se retrouvent autour des mêmes capots dans cette famille de Pouancé. Elle a fait du losange un vrai fil rouge. Et tout a démarré avec cette première 4CV achetée après son service militaire. Bernard avait passé son permis à 21 ans. Derrière cette histoire très locale se dessine aussi tout ce que représente une voiture de collection Renault dans la mémoire des automobilistes français. De la petite "motte de beurre" aux grandes berlines familiales, chacun y projette ses propres souvenirs.
Quand il a commencé sa collection, Bernard Malois était conducteur d’engins. Il venait tout juste de quitter l’uniforme du service militaire, permis en poche depuis ses 21 ans. La première à entrer dans la collection a été cette 4CV. Elle a été choisie à une époque où la petite populaire occupait encore largement les routes françaises. Au fil des années, d’autres modèles au losange ont suivi, jusqu’à constituer aujourd’hui une quinzaine de voitures Renault. Les années ont passé, mais pas la passion. On retrouve désormais à ses côtés les générations suivantes, dont Kevin, 29 ans, venu prendre le relais.
Cette transmission de la passion automobile d’une génération à l’autre ne se limite pas à la famille Malois. D’autres familles racontent la même chose avec d’autres blasons. Un père passionné de Volkswagen résumait par exemple sa relation aux flat-four par "Ce qu’on aime, c’est le bruit". Chez des collectionneurs de Renault 5 réunis en association, certains décrivent même leurs autos par une formule devenue devise. Pour eux, c’est "C’est totalement inutile, mais parfaitement indispensable". Un autre amateur de Renault anciennes parlait, lui, de "machines à remonter le temps". Il voulait expliquer ce que lui évoquent ses voitures. Dans tous ces témoignages, on retrouve la même idée. Bien au-delà de la mécanique, ces voitures anciennes structurent des souvenirs communs et tracent un fil entre les générations, exactement comme autour des Renault des Malois.
Si la première voiture de la collection Malois est une 4CV, ce n’est pas un hasard. Dans la France de l’après-guerre, cette petite berline a été surnommée "motte de beurre". Le surnom venait de sa forme et de sa couleur souvent claire. Elle a surtout été la première voiture française à dépasser le million d’exemplaires produits. Elle est devenue la compagne de route de milliers de familles. Une publicité d’époque la présentait comme la voiture de la famille avec son slogan "4 portes, 4 places". Ce message faisait un clin d’œil aux foyers qui pouvaient enfin partir en vacances ensemble. Une autre formule rappelait même que "une génération de Français apprit à conduire avec un million de 4CV". Et l’on peut aussi lire que "une génération de Français a appris à conduire en 4CV". Cela montre que, bien au-delà des chiffres, ce modèle reste associé à l’apprentissage de la conduite et aux premiers trajets. On comprend alors pourquoi on répète souvent que "une génération de Français a appris à conduire".
Dans l’histoire de Renault, la 4CV a ouvert la voie à des modèles décrits chacun comme une "voiture à vivre". Ils sont pensés pour accompagner la "vie quotidienne" plutôt que la seule performance. Derrière ces silhouettes familières se cache une véritable "culture populaire". Elle est faite de déménagements, de départs en vacances et de trajets vers le travail. Un dossier historique titré "Renault a 120 ans" rappelle d’ailleurs combien ces modèles ont accompagné le pays dans la durée. Dans les réserves de Renault Classic, plus de 700 véhicules et 2 400 m de linéaires d’archives attendent déjà. Ils doivent trouver place dans un musée à Flins annoncé pour 2027. Dans les clubs de passionnés, on résume souvent cette manière de vivre ses autos par des formules très concrètes. On pense par exemple à un sous-titre évoquant "Une trousse à outils dans le coffre…" ou à cet autre qui parle de "La R5, une philosophie de vie". Un grand portrait de collectionneur titré "De la De Dion‑Bouton IV à la Renault 4 GTL Clan : une collection guidée par la passion" le montre bien. Cette logique dépasse largement la seule marque au losange. Pour la famille Malois, posséder une quinzaine de modèles estampillés Renault revient à s’inscrire dans ce récit national. Chaque voiture raconte une époque précise et prolonge l’histoire commencée, un jour, avec une simple 4CV.
2026-07-10T09:50:35Z