NISSAN LEAF NISMO : DU LOOK, DU CHâSSIS... MAIS TOUJOURS PAS DE CHEVAUX

Nissan vient de lancer au Japon la Leaf Nismo, version censée incarner le sommet de la gamme en matière de sportivité. Sur le papier, le badge Nismo promet en effet un traitement radical : aérodynamique revue, châssis affûté, ambiance sportive... sauf que derrière l'habillage agressif, un constat s'impose : la Leaf Nismo ne gagne pas un seul cheval.

Un style plus agressif, mais des choix discutables

Esthétiquement, la Leaf Nismo se distingue par un splitter avant plus marqué, basé sur un design “twin blade”, et des inserts rouges Arteria Magma. Les touches rouges se prolongent sur les coques de rétroviseurs et les jupes latérales, tandis que la Leaf adopte ici de nouvelles jantes Enkei de 19 pouces, plus légères.

L’arrière, en revanche, laisse plus perplexe. Alors que la Leaf Nismo occupe le haut de la gamme, Nissan lui a greffé… les feux arrière de l’entrée de gamme, au lieu des feux holographiques 3D des versions Platinum+ et Autech. Un choix difficile à comprendre, surtout sur un modèle vendu plus cher et censé incarner le prestige de la gamme. Le constructeur tente de compenser avec un spoiler “ducktail” exclusif et un pare-chocs légèrement retouché.

Une ambiance intérieure plus sportive

À bord, la Leaf Nismo adopte un thème noir et rouge, des badges spécifiques, des surpiqûres contrastées, des graphismes dédiés dans l’instrumentation numérique, du suède mat et du cuir synthétique.

Des sièges Recaro électriques sont disponibles en option, ce qui renforce l’ambiance sportive.

Mais là encore, l’habillage ne suffit pas à masquer l’absence de véritable montée en performance.

Toujours pas de puissance supplémentaire

C’est le point le plus critique : malgré son look et son badge, la Leaf Nismo reprend exactement les mêmes motorisations et caractéristiques techniques que la Leaf standard.

La version B5 Nismo utilise donc une batterie de 53 kWh et un moteur de 177 ch. La B7 Nismo monte à 75 kWh et 218 ch. Aucune évolution, aucun gain, aucune optimisation de puissance. On se demande bien à quoi le mode sport, rebaptisé ici Nismo, peut bien servir...

Un vrai travail sur le châssis, heureusement...

Là où Nissan se rattrape, c’est sur le châssis, qui reçoit un traitement Nismo complet : ressorts spécifiques, barres antiroulis, amortisseurs à valve, silentblocs renforcés, direction recalibrée.

La Leaf Nismo adopte aussi des Michelin Pilot Sport 5 en 235/45 R19, ce qui devrait réellement améliorer la tenue de route.

Un mode Nismo dédié ajuste la réponse de l’accélérateur et les palettes de régénération deviennent plus agressives. Autrement dit, la Leaf Nismo se conduit différemment, même si elle n’accélère pas plus fort.

Un tarif élevé pour une sportive… sans sport

Au Japon, la Leaf Nismo débute à 6 601 100 yens (environ 40 000 euros), sans les sièges Recaro. Un positionnement ambitieux pour un modèle qui reste strictement traction, sans le système 4ORCE AWD réservé à l’Ariya Nismo.

Nissan n’a pas encore confirmé une arrivée en Europe mais l’extension de la gamme Nismo rend cette hypothèse plausible, d'autant plus en électrique.

Une Nismo qui interroge plus qu'elle ne convainc

La Leaf Nismo est un modèle paradoxal : un look agressif, un châssis affûté, une ambiance sportive… mais aucune montée en puissance. Nissan semble vouloir jouer la carte marketing à fond en capitalisant sur le badge Nismo sans lui donner les moyens de ses ambitions. Résultat : une sportive électrique qui laisse un goût d’inachevé. Pour un modèle censé incarner le sommet de la performance, c’est un pari risqué.

Article fourni par : www.automobile-sportive.com

2026-07-27T14:06:02Z